Amazones - Couverture

Amazones, Raphaëlle Riol

Amazones - CouvertureRésumé :

« Fin d’été au Repos-Fleuri, une maison de retraite où de vieilles dames survivent à leurs défunts époux. Parmi elle, l’élégante Alphonsine, quatre-vingt-neuf ans, rencontre Alice, trentenaire parisienne venue rendre visite à sa grand-mère. A peine ont-elles échangé quelques mots que les voilà en fuite, loin du mouroir, vers la maison de jeunesse d’Alice. Ensemble, elles vont tenter de se réapproprier leur vie et leur mémoire.
Ce roman féministe plein d’ironie accompagne deu amazones des temps modernes dans une parenthèse de liberté, pour conjurer un destin qui semble ne leur laisser qu’une seule alternative : se languir d’ennui telle Emma Bovary ou prendre les armes. »

Coup de coeur :

Un roman peu ordinaire et impossible à classer ! L’auteur use d’énormément d’ironie et de second degré afin de défendre largement le féminisme et la place de la femme ! Si nous avons désormais une certaine égalité homme/femme, il y a encore de nombreuses inégalités. Raphaëlle Riol les met en avant et les compare à la situation de nos grands-mères ! Une femme quittait l’autorité d’un père pour celle d’un mari, qui pouvait en user et en abuser !

Ce petit roman est divisé en 5 parties, chacune racontée par un/une des protagonistes de l’histoire. C’est écrit sous la forme d’un road-movie. Ce sont deux femmes qui semblent n’avoir rien en commun au début sauf la folle envie de quitter la maison de retraite où elles s’ennuient ferme ! Pourtant, beaucoup de choses les rapprochent et la principal c’est le fait d’avoir été sous le joug d’un homme pendant plusieurs années, et le fait de vouloir désormais se révolter et retrouver leur place ! Pour Alphonsine, c’est la fin du voyage, néanmoins, elle veut vivre une dernière aventure ! Alice sort d’une relation vampirisante, déteste son boulot, et ne sait plus quoi faire de sa vie. Ensemble, elles vont se réfugier à la campagne, retrouver les souvenirs d’enfance d’Alice et son ami sculpteur, Max. Alphonsine resort les siens également et le titre du roman prend tout son sens pour ces deux femmes !

C’est acide, cinglant, bourré d’ironie, un cri de colère contre les hommes qui ne respectent pas les femmes. Ces deux femmes sont belliqueuses, refusent de rentrer dans le moule de la société, et ne trouvent pas leur place. Elles veulent être elles-mêmes, libres, indépendantes !

Un très bon moment de lecture, qui se referment avec une certaine mélancolie ! Attention, les chanteurs sirupeux et les machos en prennent pour leurs grades ^^

 

Citations :

– Soyons claires, Alphonsine. Je ne suis pas altruiste et même plutôt centrée sur ma personne. Je ne vous ai pas enlevée pour m’occuper de vous ni pour me lancer dans l’humanitaire. Admettons qu’il s’agisse de vous rendre service quelque temps… Disons que j’ai eu pitié. Faudra respecter mon indépendance et recouvrer la vôtre… Je ne sais pas comment vous vous débrouilliez chez les matelots… Je ne suis ni aide-soignante ni infirmière. Alors, je vais être franche avec vous. Il est hors de question que je vous lave avec un gant mouillé, que je vous prépare vos habits le matin, que je vous fasse boire du minestrone à la cuillère, que je pèle vos poires dégoulinantes de jus poisseux ou que je coupe votre viande en menus morceaux…
Hors de question également que l’on s’occupe à faire des petits coloriages à la con ni que l’on écoute du Michel Sardou pour passer le temps.
– Non, bien sûr. Vous me prenez pour qui ?

 

Parce que plus je vieillis, et moins je supporte d’avoir peur. Alors je m’oblige à affronter tout ce qui m’effraie. Et marcher dans le noir de la campagne, la nuit, est encore une épreuve difficile. On affronte ses peurs dès lors qu’on accepte d’y renoncer.

Intensité du coup de coeur

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