Bon rétablissement - Couverture

Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger

Bon rétablissement - CouvertureRésumé :

« Vieil ours bourru et solitaire, Jean-Pierre se retrouve immobilisé à l’hôpital pendant des semaines, après un accident bien étrange. Veuf, sans enfants ni chien, il est à la retraite depuis sept ans et enrage d’être ainsi bloqué, privé de sa routine, contraint de côtoyer des inconnus qui le voient diminué, en pyjama. Pourtant, sans quitter le lit, il va faire des rencontres inattendues qui bousculeront son égoïsme.
Une galerie de personnages truculents et attachants, une écriture pleine de malice, un humanisme généreux, voilà la posologie de ce roman roboratif – porté à l’écran par Jean Becker (2014) avec Gérard lanvin dans le rôle principal – qui a reçu le prix des lecteurs de L’Express.

Coup de Coeur :

Voilà la lecture commune du mois de juin avec Le coin lecture de Nath, et j’ai vraiment passé un bon moment avec Jean-Pierre et ses problèmes ! J’avais vu la bande-annonce de son adapatation au cinéma, et je voulais absolument lire le roman au préalable, et j’en suis bien contente car j’ai passé un très bon moment !!!

Dés les premières pages, je me suis attachée à ce sexagénaire mysanthrope qui se retrouve prisonnier de son corps et totalement dépendants des autres pendant de longues semaines ! Il est bougon, cultivé (il est passionné par la littérature, il se connecte régulièrement à Internet…), peu patient, et pourtant plutôt gentil : la preuve il est apprécié par les infirmières ^^ Il décide de commencer à écrire ses mémoires afin de s’occuper et  surtout éviter de tourner fou pendant sa convalescence !

Je me suis marrée tout du long, j’ai gloussé, j’ai rigolé, et je l’ai lu très rapidement : les chapitres sont courts et dynamiques ! Je ne me suis jamais ennuyé : c’est drôle, sucré & salé, poivré & épicé, avec une forme de philosophie propre à Jean-Pierre ! Même si il est veuf et sans enfant, Jean-Pierre recevra plusieurs visites, et certaines sont vraiment géniales : le jeune flic Maxime, l’infirmière Myriam, Camille son sauveteur, son vieil ami Serge, son frère, sa belle-soeur… Ils apportent tous une petite leçon de vie ! Marie-Sabine Roger n’hésite pas à mélanger humour, cynisme, humanisme, mordant, causticité, … Et c’est parfaitement réussit car fait intelligement! Sa plume est aérienne, addictive, moderne, lucide et dresse un portrait touchant de la vieillesse ! C’est pétillant et frais et je le recommande chaleureusement ! Un roman qui fait du bien ♥

J’avais déjà adoré Trente-six chandelles cet automne, je compte bien continuer à découvrir les autres titres de l’auteur !!!

Et comme j’ai adoré des tas de passages, en voilà un échantillon 😉

Citations :

– « Fracassé par hasard, immergé dans la Seine, sauvé par un tarpin et par des éboueurs.
Je ne m’en lasse pas, rien à faire : mon destin est un vrai bonheur. »

– « Au-delà d’un certain seuil, d’une certaine durée, on n’est plus rien, à part ce corps qui souffre.
Plus d’idées, de patience, d’envie de se marrer.
Quand on a vraiment mal, on n’a même plus d’endroit où pouvoir se réfugier.
On est exproprié. »

– « Je me sens à l’aise comme une grenouille le jour du cours de dissection. »

– « Je deviens vieux, ça, c’est indéniable. J’ai eu le temps de m’y préparer. Je m’achemine doucettement vers ce quatrième âge qui – à l’inverse du troisième, consommateur de biens et chouchou des médias – n’intéresse plus personne à part les ophtalmos, les dentistes et les vendeurs de matelas anti-escarre. Sans oublier les fleuristes, pourvoyeurs de regrets éternels.

Et les croque-morts, bien sûr, pour terminer la danse. »

– « Je n’aime rien chez le missionnaire, hormis bien sûr la position. »

– « Peut-être que fréquenter tous les jours des félés de la cafetière, ça finit, à la longue, par ébrécher l’émail. Il n’a plus l’aire très étanche, en tout cas. »

– « Ma culture était un peu fraîche, je prenais Stendhal pour un peintre, et Voltaire pour un fauteuil. »

– « -Ce que je trouve bizarre, c’est que vous ne me contredisiez pas aussitôt quand je me traite de vieux débris …
Il éclate de rire.
Lui, il serait un peu moins jeune, on serait déjà de vieux amis. »

– «  »Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait », sinistre connerie ! …  »

–  » Ne soyez pas présomptueux : de nous deux, le vieux con, c’est moi. Contentez-vous d’être un jeune con, et ne cherchez pas à brûler les étapes.
Tout viendra en son temps, croyez-moi … »

Et voilà le lien pour le billet de Nathalie 🙂

Intensité du coup de coeur

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