Les mots qu'on ne me dit pas - Couverture

Les mots qu’on ne me dit pas, Véronique Poulain

Les mots qu'on ne me dit pas - CouvertureRésumé :

« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

« Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres. »

Coup de Coeur :

Une très belle découverte de la rentrée littéraire 2014 !!!

A travers ce texte, Véronique Poulain nous explique son quotidien depuis son enfance avec des parents sourds alors qu’elle-même est parfaitement entendante. C’est une vie riche et complexe qu’elle a eu : dés son plus jeune âge, elle est baignée dans deux langues, celle des signes pour communiquer avec ses parents, et la nôtre. Les anecdotes sont nombreuses, souvent comiques, parfois tragiques, parfois cruelles car le regard des autres est le pire ! Sa jeunesse est belle et compliquée à la fois, ses parents l’aiment, ils ne peuvent cependant pas lui dire, c’est ce qui lui manque le plus. Le langage du corps permet de très nombreux échanges, mais l’arrivée de l’adolescence va changer la donne : elle partagée entre la fierté et la honte de ses géniteurs car ils sont tellement différents, elle aurait voulu avoir une famille « normale ». Avec ses cousins, elle va profiter de l’handicap de ses parents pour leur faire des tours et des plaisanteries pendables durant leur adolescence, « Pas entendu, donc indicible. » ! Il y a peu de tabou dans le monde des sourds, leur langage va à l’essentiel, les signes sont brefs et efficaces, ils peuvent sembler choquants, ce n’est pas facile à vivre tous les jours …

Un roman frais avec des personnages attachants, un texte authentique plein de respect et d’admiration pour ses parents ! C’est bourré d’amour, de douceur, d’émotions et d’humour ! J’ai rigolé, j’ai été émue par l’amour qu’ils se portent mutuellement, indignée par la réaction des personnes qui ne comprennent pas et qui surtout ne veulent pas essayer de comprendre cette vie différente et si riche !!! Dommage que ce texte soit si court, je serais bien restée encore quelques pages avec Véronique et ses proches ! Merci de m’avoir fait découvrir ce monde que je connaissais si peu !

Une superbe découverte ♥ Un magnifique déclaration d’amour d’une fille à ses parents !

A conseiller à celles et ceux qui apprécient Jean-Louis Fournier, sans le cynisme et l’humour noir qui le caractérisent.

Citations :

Si je ne suis pas entendue, qu’est-ce que je suis regardée ! Il ne peut rien m’arriver, mes parents ont toujours un œil sur moi.

Dans la langue de mes parents, il n’y a pas de métaphores, pas d’articles, pas de conjugaisons, peu d’adverbes, pas de proverbes, maximes, dicton. Pas de jeux de mots. Pas d’implicite, Pas de sous-entendus. Déjà qu’ils n’entendent pas, comment voulez-vous qu’ils sous-entendent?

Si c’était à refaire?

Je les ai adorés.
Je les ai détestés.
Je les ai rejetés.
Je les ai admirés.
J’ai eu honte.
J’ai voulu les protéger.
Je me suis ennuyée.
J’ai culpabilisé.
Le fantasme du parents qui parle et dit a existé longtemps.
Plus aujourd’hui.

Aujourd’hui, je suis fière.
Je les revendique.
Surtout, je les aime.
Je veux qu’ils le sachent.

Intensité du coup de coeur

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