No home - couverture

No home, Yaa Gyasi

No home - couvertureRésumé :

« XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance
d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.

Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable. »

Coup de Cœur :

Encore une magnifique lecture commune avec ma chère binôme Nathalie !

Tout commence en Côte-de-l’or (le Ghana actuel), à la fin du XVIIIème siècle.
Une jeune femme, une esclave, aura deux filles, de deux hommes différents, aux destinées radicalement opposées. Elles ne se rencontreront jamais, et pourtant elles sont liées à tout jamais à leur terre natale.
Effia, l’ainée, très belle, est offerte, ou plutôt vendue comme épouse au capitaine anglais du fort voisin. La seconde, Esi, se retrouve capturée puis vendue comme esclave par une tribu rivale. Pendant un court laps de temps, sans jamais le savoir, elles vivront ensemble, au fort : Esi enchaînée dans un des cachots avec les autres prisonniers, dans l’attente d’être envoyée aux Etats-Unis sur un bateau négrier. Effia est dans les appartements du capitaine, un blanc qui s’occupe justement de la traite des noirs. D’une certaine manière, elle subit aussi sa forme d’esclavage, avec néanmoins plus de libertés.
A partir de ce moment-là, l’autrice nous dresse l’arbre généalogique de deux femmes, de leur famille. Chaque chapitre est consacré à la descendance une fois d’Effia, une fois d’Esi, en alternance.

Ce premier roman est une excellente surprise ! L’autrice s’est soigneusement documentée, et c’est très enrichissant. A travers trois siècles d’histoires familiales, nous découvrons de nombreux aspects de l’histoire de la Côte-de-l’or, et des Etats-Unis. Grâce aux descendants d’Effia, c’est une analyse dure et peu complaisante du Ghana que nous découvrons : la haine qui opposait les tribus amenait les hommes à vendre leurs ennemis, leurs prisonniers comme esclaves au Blancs ! Ils sont aussi coupables que les européens et les américains de la traite négrière qui a ravagé leur pays.
Avec la vie d’Esi et de sa descendance, on plonge au coeur de la vie des esclaves dans les plantations de coton des Etats-Unis du Sud. Leurs conditions de vie étaient souvent inhumaines, et le traitement réservé aux rebelles effrayant ! En suivant le parcours de ces hommes et de ces femmes, c’est l’histoire de la législation des Hommes de couleurs qui est racontée.

Il y a une profonde réflexion de Yaa Gyasi sur l’esclavage, tant en Afrique qu’aux Etats-Unis, et sur la puissance de la mémoire familiale. Le destin de cette famille montre à quel point la vie peut réserver des surprises, et faire preuve de grande cruauté. Qu’il soit Noir ou Blanc, peu importe le continent, l’humanité n’est jamais immaculée, elle porte à jamais sur les mains le sang de ses ancêtres !

Un roman fascinant, passionnant et dense ! Une vraie saga familiale, complexe, qui demande une attention soutenue afin de ne pas s’égarer entre les deux branches !

Incroyable que ce soit un premier roman ! Vivement un second !

Et voilà le billet du Coin Lecture de Nath 🙂

Intensité du coup de coeur

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