Par amour - Couverture

Par amour, Valérie Tong Cuong

Par amour - CouvertureRésumé :

« Par amour, n’importe quel humain peut se surpasser : on tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même.

Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Dans cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle retrace les destinées hors du commun de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire.

Ma mère, Havraise, parlait peu de la guerre. Je devinais pourtant qu’elle avait vécu l’enfer. Un jour, j’ai saisi les raisons de ce silence. La ville n’avait pas seulement été occupée par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l’avaient bombardée sans relâche, puis détruite, assassinant nombre de ses habitants. Des enfants, par centaines, parce qu’on souhaitait les protéger, avaient été arrachés à leur famille et évacués, pour certains jusqu’en Algérie.

Alors j’ai voulu comprendre. Ce que j’ai découvert m’a éclairée sur ce qu’est le courage, l’abnégation, et sur l’amour qui n’évite ni les désastres, ni les chagrins, mais éclaire les routes lorsque tout s’effondre. L’amour se dessine comme le seul élément, la dernière richesse qu’aucun ennemi ne pourrait enlever à ceux qui luttent. Il est le terreau des plus belles récompenses et des plus grandes émotions. Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. C’est ce que nous révèlent les personnages de ce roman. »

Coup de Coeur :

J’ai ouvert ce roman sans RIEN connaître de l’histoire ! J’avais déjà lu trois titres de l’autrices qui m’avait tous énormément plu : Providence, L’ardoise magique et le merveilleux L’atelier des miracles. J’ai encore Pardonnable, Impardonnable dans ma PAL, et pourtant quand j’ai vu, sans lire le moindre article, que ce roman avait provoqué plusieurs coup de cœur, j’ai sauté sur l’occasion de le découvrir !

Quel surprise : les premiers mots sont Lucie Lundi 10 juin 1940 ! Et on s’immerge immédiatement dans la seconde guerre mondiale à travers les yeux d’une enfant qui doit fuir la ville portuaire Le Havre car les allemands sont sur le point de l’envahir ! C’est la débâcle, la fuite, la peur, qui animent les habitants qui peuvent seulement emporter ce qu’ils savent porter, et cette crainte d’être rattrapé ou encore fusillé par les avions qui sillonnent le ciel français.

A travers un roman choral bouleversant, Valérie Tong Cuong nous livre une délicate page de l’histoire de France pendant la seconde Guerre Mondiale ! On suit le quotidien d’une famille : deux sœurs, leurs maris et leurs enfants. Chacun à leur tour conte les événements qui les ont marqué au cours de ces sombres années ! Grâce à une documentation soignée au sein même des archives de la ville, on découvre la vie de tous les jours, l’occupation allemande, le couvre-feu, le traité de paix signé par le Maréchal Pétain, la collaboration, la résistance, les privations, les maladies, les nombreux bombardements, la traque des juifs et les sentiments qui animent ces femmes, ces enfants et ces hommes au cours de ces longs mois de guerre. L’autrice insuffle un vrai souffle romanesque dans son récit, j’étais limite hypnotisée par la vie de cette famille, par les événements qui les accablent, et on sent une vraie bienveillance dans sa plume pour ses personnages qui vivent ce que de trop nombreuses personnes ont vécu au cours de la guerre. Il y a aussi une vraie réflexion sur le rôle que la population a dû jouer, et qui fait écho aux conflits qui animent encore certains pays du monde aujourd’hui.

J’ai tremblé, pleuré, été émue, souri et je me suis littéralement attachée aux personnages qui composent ce roman très émouvant ! Il est juste, il raconte avec empathie, humanité et véracité le destin extraordinaire de personnages ordinaires dans le chaos qui secoué Le Havre, la France, l’Europe jusqu’en Algérie pendant plus de cinq ans !

Une vraie leçon de vie qui donne une furieuse envie d’aimer, et de se battre pour ceux qu’on aime !

Un roman intense, puissant, sublime, indispensable et inoubliable !

A LIRE ! A FAIRE LIRE !!!

Citations :

– « Personne n’est préparé à tout quitter ainsi, à devoir inventer les moyens de survivre, quand, le jour d’avant, tout était si parfaitement ordonné, le linge sale dans son panier, le linge propre dans son armoire, la soupe sur la cuisinière, les draps repassés, la journée planifiée. »

– « La guerre éclaire la véritable nature des hommes. »

– « Le jour s’est levé et, enfin, notre tour est venu. Nous sommes montés sur le bac en silence, craignant à chaque pas qu’un incident ne survienne et n’annule notre traversée tant attendue, à la fois euphoriques à l’idée d’échapper au pire et déchirés de culpabilité, puisqu’il fallait bien laisser derrière nous, acculés à la berge, une marée d’autres malheureux, vieillards, harrassés, mères isolées et chargées de nouveau nés, familles trop nombreuses qui refusaient d’être séparées. »

– « Au dernier instant de mon existence sur cette terre, quand défileront les événements qui auront soulevé la peine ou la joie dans mon coeur de mère et dans mon coeur de femme, le bonheur éprouvé plus tard devant mes enfants mordant dans du pain chaud dansera par-dessus tous les autres, j’en suis sûre. »

– « J’ai pensé aux bombardements, ces bombes dont j’avais presque oublié l’existence parce que ici, au sanatorium, nous menions notre propre guerre avec nos propres armes, parce que l’envahisseur n’avait ni nationalité ni uniforme, mais qu’il était partout, si petit qu’il fallait un microscope pour le débusquer et si retors qu’il nous occupait à plein temps. »

Le Havre bombardé, 1944

Le Havre bombardé, 1944

 

Intensité du coup de coeur

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