Un printemps à Tchernobyl - Couverture

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage

Un printemps à Tchernobyl - CouvertureRésumé :

« Le 26 avril 1986, le plus grave accident nucléaire du XXè siècle se produit à Tchernobyl, en Ukraine.
Vingt-deux ans plus tard, jour pour jour, Emmanuel Lepage se rend sur les lieux de la catastrophe. »

« On me donnait l’occasion de réaliser, pour la première fois, un reportage en dessin.
Je ne serai pas seulement témoin du monde mais impliqué ! Acteur ! Militant, quoi !

Dans ce métier, seul à gratter sur ma planche, j’ai souvent l’impression de voir le monde à travers une vitre. D’être à côté.
Cette fois-ci, le monde, je le sentirai dans ma peau !
Bien sûr, c’était risqué…
Mais tellement excitant !
J’allais découvrir des terres interdites où rode la mort. »

Coup de Coeur :

Ca fait des années que certains collègues me recommandent chaleureusement cette bande-dessinée, j’avais lu le billet élogieux de Nathalie, et pourtant pas moyen de me décider. Puis, un jour, ne me demandez pas pourquoi, ma curiosité a pris le dessus, et je l’ai ouverte : BOUM  *-* !
Mais mais mais, pourquoi ai-je traîné aussi longtemps???
En effet, cette BD mérite amplement toutes les éloges dont elle est couverte !

Tous le monde connaît, ne serait-ce que de nom, la ville de Tchernobyl, la catatstrophe nucléaire qui l’a ravagée ainsi que sa région, et le nuage radioactif qui a survolé l’Europe par après…

Dans la première partie, l’auteur s’attache à nous expliquer la catastrophe, comment elle a été perçue chez nous (en France plus spécifiquement), et les mesures qui ont été prises en conséquence. Il raconte également son arrivée dans le projet, ses craintes, ses espoirs, tous les préparatifs, le voyage jusque là, et surtout les questions qui tournaient en boucle dans sa tête : que vais-je y voir? Vais-je revenir contaminé? Et pour mon entourage? Saurais-je dessiner tout ça? En effet, c’est à travers son corps, sa main, son outil de travail que son stress va se manifester…

Une des cases de l'album

Une des cases de l’album, qui témoigne des sublimes couleurs qui illutrent les dessins.

Arrivé sur place, son regard va changer. Il met désormais des images réels devant ce qu’il connaît, il va à la rencontre de la population, il reçoit des témoignages directs, il découvre la vie d’aujourd’hui des personnes qui continuent à vivre juste à côté de la « zone », la partie contaminée dans laquelle on ne peut plus vivre, juste la « visiter » (sous contrôle et avec autorisation express). Ces personnes vont lui raconter leurs vies d’avant, comment beaucoup d’entre-eux ont été contaminé, sacrifiés, et sont désormais décédés. Il y a ceux qui ont survécus, mais qui sont traumatisés, irradiés. Il y a ceux aussi qui ont peur, et enfin il y a ceux qui tentent le diable, qui veulent se croire plus fort que la « zone ». La vie continue pour toutes ces personnes, et c’est ça que Lepage nous raconte, nous dessine : des couleurs vives, la joie de vivre, le rire des enfants, … Même si tous le monde est bien conscient que l’horreur est partout : le vieillisement prématuré, les nombreux cancers qui les menacent, une terre contaminée, le risque de radiation constant et invisible…

Des dessins sublimes avec une puissance évocatrice perturbante, et néanmoins pudique, empreinte de poésie. Un album qui mérite amplement sa réputation et je le recommande plus que chaleureusement ♥ Il amène énormément de réflexions, m’a fait voyager avec l’auteur, m’a permis de découvrir les lieux de la tragédie et surtout de rencontrer les gens…

De l’humanité dans chaque planche, un bonheur graphique et des couleurs tellement bien choisies !!!

Lepage auto-dessiné à Tchernobyl

Lepage à Tchernobyl

Intensité du coup de coeur

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