Le goût du large - Couverture

Le goût du large, Nicolas Delesalle

Le goût du large - CouvertureRésumé :

« Le temps : tout était là, dans ces cinq lettres, cette simple syllabe. J’allais soudain en être riche, ne plus courir après, le nez rivé sur l’ordinateur, le téléphone. Pendant neuf jours, j’allais devenir un milliardaire du temps, plonger mes mains dans des coffres bourrés de secondes, me parer de bijoux ciselés dans des minutes pures, vierges de tout objectif, de toute attente, de toute angoisse. J’allais me gaver d’heures vides, creuses, la grande bouffe, la vacance, entre ciel et mer. »

De l’inaccessible Tombouctou à la mélancolique Tallinn, entre une partie d’échecs fatale quelque part dans un hôtel russe et un barbecue incongru à Kaboul, des clameurs de la place Tahrir au fond d’un trou, dans l’Aveyron…
C’est le roman d’une vie et de notre monde que raconte Nicolas Delesalle, le temps d’une croisière en cargo.

Coup de Coeur :

Il y a un an environ, j’ai lu et découvert le premier titre de l’auteur, Un parfum d’herbe coupée, le premier titre de cette toute nouvelle maison d’édition. J’avais été charmée par la plume et le sujet du roman. J’étais donc curieuse de découvrir le nouveau titre de Nicolas Delesalle !

C’est un tout nouvel univers que nous présente l’auteur : celui de la vie sur un cargo de marchandises pendant une croisière complètement inhabituelle durant neuf jours !

Notre héros est un journaliste qui a parcouru le monde, vu des guerres, des malheurs, des bonheurs, fais des rencontres, perdus des illusions… Au court de ce voyage, il va nous raconter ses souvenirs, il va retrouver une partie de sa sérénité, nous égrener sa vie, des éléments qui l’ont touché, blessé, enthousiasmé, marqué… Il nous raconte la nature humaine dans toute sa splendeur, ses préjugés, sa bonté, ses dérives, son humanité…
Il nous raconte la vie sur un cargo, le quotidien de l’équipage, les relations qu’ils entretiennent avec leurs proches. Il avait besoin de solitude, de calme, de la vue sur la mer à l’infini afin de se retrouver lui-même.
A part l’équipage, parmi lequel il y a de nombreux philippins, il y a juste une autre passagère : une jeune retraitée qui recherchaient la sérénité et l’inconnu.

C’est écrit avec beaucoup de sensibilité, de douceur, d’humanité et même quelques touches d’humour malgré un sujet grave ! Il met en avant tout ce que l’homme a en lui : des peurs, des joies, des détresses, des envies, à travers des anecdotes et des souvenirs ! Il nous montre le meilleur comme le pire qui sommeille en chaque être humain !

Un roman, le témoignage d’un homme qui s’est mis à nu pour nous livrer ses émotions !

Citations :

– « Mais si t’es vivant, a dit le capitaine Jakaria. La preuve, t’as encore du boulot à faire ! »

– Hier, j’ai appris qu’un sabord était un hublot carré et j’ai enfin compris l’expression « Mille sabords » du capitaine Haddock. A l’origine, les sabords laissaient passer les fûts des canons ou les avirons, aujourd’hui ils filtrent les rêveries des voyageurs.

– Tout un chargement de canards en plastique s’est déversé dans l’océan Pacifique en 1992. La catastrophe a permis aux scientifiques de mieux comprendre les courants marins. Des canards jaunes ont été retrouvés dans l’Atlantique, d’autres ont fini piégés par la banquise du pôle Nord.

– Il ferait un excellent capitaine de cargo. Je lui ai promis de raconter les Hazaras chez nous tant que je pouvais. Je m’exécute et le répète ici comme je vais le répéter à l’équipage philippin de mon cargo. Au coeur de l’Afghanistan subsiste une fragile zone de paix, la région de Bamiyan, une merveilleux pays peuplé par des gens aux yeux bridés et aux pommettes hautes. On les appelle les Hazaras.

– « Tu vois, dans la vie, il faut accomplir ses rêves malgré tout; il y a toujours une bonne raison de ne pas se lancer, il faut aller au-delà. » Ce conseil naïf, qui pourra sembler benêt aux esprits ronchons, prenait dans sa voix de retraitée des accents de vérité simple et fondamentale.

Intensité du coup de coeur

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