La valse des arbres et du ciel - Couverture

La valse des arbres et du ciel, Jean-Michel Guenassia

La valse des arbres et du ciel - CouvertureRésumé :

« Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.
Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours.
Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si une partie de ses toiles exposées à Orsay étaient des faux ?…

Autant de questions passionnantes que Jean-Michel Guenassia aborde au regard des plus récentes découvertes sur la vie de l’artiste. Il trouve des réponses insoupçonnées, qu’il nous transmet avec la puissance romanesque et la vérité documentaire qu’on lui connaît depuis Le Club des incorrigibles optimistes. »

Coup de Coeur :

Merci Joanna du blog Des bulles et des mots pour cette belle lecture commune !

J’ai ouvert ce roman sans relire la quatrième de couverture, je me souvenais juste que ça traitait de Vincent Van Gogh et du Docteur Gachet ! Ce fut donc une découverte de voir que la narratrice était la fille du Docteur et qu’elle a entretenu une relation particulière avec l’artiste !

Nous rencontrons Marguerite Gachet au crépuscule de son existence, elle écrit un journal dans lequel elle désire raconter des événements qui se sont déroulés il y a plusieurs décennies. Elle désire coller au plus près de la réalité, ne rien omettre ou dissimuler !
A la fin du XIXème siècle, juste après l’exposition universelle de Paris en 1889, la société est encore fermée, et la femme est arnachée dans un carcan de lois, de principes, d’autorité masculine ! La jeune femme étouffe, elle désire devenir artiste, quitter le giron paternel, être libre, voyager et qui sait aller jusqu’aux Amériques, à New York ! Malheureusement, elle n’a que 19 ans, elle est encore mineure, et elle est toujours soumise à l’autorité de son père le Docteur Gachet. Les relations qui les unissent sont froides, indifférentes même. Marguerite se sent invisible à ses yeux, son frère est en internat à Paris. Il n’y a que Louise, la gouvernante de la maison, et Hélène, sa meilleure amie qui semblent lui témoigner de l’affection et s’intéresser à elle, ses pensées, ses sentiments. C’est une jeune femme solitaire qui souffre de l’absence de sa mère (elle est décédée alors que l’enfant n’avait que 3 ans), et du peu d’attention que lui témoigne son père. Elle va même nourrir un ressentiment féroce à l’égard de son géniteur !

Le portait du Docteur Gachet

Le portait du Docteur Gachet

Lors de l’été 1890, Vincent Van Gogh, sur les conseils de son ami l’artiste Pissaro, vient passer quelques semaines dans le même village que le Docteur Gachet afin de bénéficier de ses soins. Cette rencontre va être décisive pour la jeune femme : elle va tomber sous le charme du coup de pinceau du peintre et va naître une véritable fascination pour l’homme ! L’homme dépeint par Marguerite est totalement habité par sa peinture, ses oeuvres, sa relation avec son frère Théo. Il vit pour les couleurs, ses tableaux, il a une soif de vivre, une retenue en public! Il est intriguant, fascinant même car on sent une personne complexe, torturée parfois, lumineux aussi et surtout qui a encore beaucoup à partager avec le public ! La jeune femme est attachante, on la plaint à de très nombreuses reprises, je la comprenais par moment car elle cherchait juste sa place, et en même temps, on sent venir ses erreurs !

Marguerite Gachet dans le jardin

Marguerite Gachet dans le jardin

Le livre est superbement bien écrit : la plume de l’auteur est fine, addictive, le vocabulaire est soigné, les phrases courtes et percutantes ! Il a inclu de nombreux paragraphes en italiques qui sont des retranscriptions d’extraits d’articles de presse et de correspondances. Ca donne un effet réaliste et ça renforce l’immersion dans la société de l’époque !
Jean-Michel Guenassia s’est inspiré des thèses qui contestent le suicide de Vincent Van Gogh, thèses qui circulent depuis plus d’un siècle maintenant, et qui même sans preuve directe éveille la curiosité car de nombreux faits relatés dans le roman sont réels ! Il faut un vrai talent de narration pour insuffler cette énergie et créer cette atmosphère subtile ! Il y a vraiment une belle retranscription de la société de l’époque, antisémite, la toute puissance masculine ! Un vrai docu-fiction haut en couleurs !

Un roman qui m’a touché, intrigué, qui m’a appris énormément qui me donne envie de me pencher un peu plus sur la vie et l’oeuvre de l’artiste ! J’ai bien envie de lire la correspondance entre les deux frères !

Citations :

  • Je me suis souvent demandé comment Vincent voyait le monde. Chaque jour de ma vie, je me suis interrogée : qui avait-il de si particulier dans ses yeux, de si extraordinaire dans son regard, pour qu’il peigne de cette façon ?
  • Ma brosse est raide et sans grâce, un bâton qui gigote sur la toile et, quels que soient ma peine et le temps que j’y passe, mes dessins sont guindés, à croire que j’ai trempé mon talent dans l’amidon.
  • Il peint collé à la toile, comme s’il avait déjà tout mémorisé ou qu’il savait déjà ce qu’il a l’intention de peindre. Quand il reprend de la peinture, il ne jette pas un regard à sa palette, en tout cas il ne bouge pas la tête. Je suis surprise de sa brusquerie. Il ne pose pas la peinture sur la toile avec délicatesse, comme on le fait habituellement, mais avec nervosité, comme s’il avait un fouet à la main et qu’il frappait le revêtement, il semble pressé, ses gestes sont saccadés.

Et voilà le billet de Joanna qui a été séduite également 🙂

Intensité du coup de coeur

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