Les Délices de Tokyo - Couverture

Les Délices de Tokyo, Durian Sukegawa

Les Délices de Tokyo - CouvertureRésumé :

« « Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal. »

Coup de Cœur :

J’avais très envie de découvrir ce roman depuis sa parution l’année passée chez Albin Michel, et pourtant je ne m’attendais pas à être à ce point séduite par cette histoire !
Et ce fut une lecture commune improvisée avec mon binôme préféré Nathalie !

Tout commence à Tokyo, dans une petite boutique de dorayaki, avec Sentarô, un homme qui fait ce job pour rembourser une dette. Il n’apprécié guère son emploi, il aime assez peu les pâtisseries, il préfère largement quelques verres d’alcool. Nous sommes à la saison des cerisiers, une vieille dame aux doigts bizarrement déformés, Tokue, fait tout ce qui est en son pouvoir afin d’être engagée et de confectionner la pâte de haricots rouges, la base de dorayaki. En effet, Sentarô ne prend pas soin de ses articles, et ses petits gâteaux sont assez fades. Après d’âpres négociations, il accepte et la vieille femme va cuisiner avec lui, et lui apprendre à réaliser une vraie bonne pâte ! Cette dernière est très mystérieuse, et elle semble écouter les haricots aux différentes étapes de la confection. Elle intrigue le commerçant qui pourtant s’attache à elle. Une des conditions de son engagement était qu’elle ne quitte pas la cuisine, pourtant elle désobéit et va de temps en temps papoter avec les lycéennes qui envahissent régulièrement la boutique. Avec sa nouvelle pâte, la boutique va accueillir de plus en plus de nouveaux clients et son chiffre d’affaire va rapidement exploser ! Elle apporte de la joie, et une bonne dose d’optimisme dans la vie morne, triste et solitaire de Sentarô. Pourtant un jour, après une discussion houleuse entre la propriétaire et Sentarô, Tokue ne reviendra plus à la boutique ! Pourquoi? Quel secret douloureux cache-t-elle derrière ses mains abîmées? Pourquoi arrivait-elle toujours aussi tôt? Pourquoi n’a-t-elle jamais rien révélé de sa vie passée et actuelle? Et surtout, Sentarô a-t-il vraiment compris comment réaliser cette si délicieuse pâte aux haricots rouges?

C’est une roman très tendre, plein de douceur qui cache une histoire plus compliquée qu’elle n’y parait ! Les vies de Sentarô et de Tokue recèle de nombreux secrets, douloureux pour l’un et culpabilisants pour l’autre ! C’est le passé qui a fait fuir Tokue : elle a vécu une vie dure, injuste, et même si c’est définitivement derrière elle, certaines personnes ont peur, ne l’accepte pas et elle est contrainte d’accepter leur sentence. A travers son histoire, on plonge dans l’histoire du Japon, de ses injustices, de ses décisions qui ont disséminés de nombreuses familles à travers le pays.

La plume de l’auteur est très pudique, empreinte d’une délicate sensibilité qui donne au récit une force tranquille, un optimisme contagieux, et des émotions très fortes ! Malgré un sujet bouleversant, Durian Sukegawa signe un roman plein d’altruisme, de générosité, empreint de sensualité et de parsemé de nombreuses touches de poésie.
Un vrai Coup de Cœur !

Le billet de Nathalie : enthousiaste aussi 🙂

Intensité du coup de coeur

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