Le Clan Snaeberg - CouvertureRésumé :

« Quand un drame shakespearien se noue sur les terres sauvages de l’Islande. Une famille se déchire dans un hôtel de luxe construit sur un champ de lave isolé.
La rencontre de la série TV Succession et de Ils étaient dix.

Le puissant et fortuné clan Snaeberg s’est rassemblé dans un hôtel perdu au milieu des coulées de lave sombres de la péninsule de Snaefellsnes, en Islande.
Tandis que le temps se détériore et que l’alcool coule à flots, l’un des membres du clan disparaît. La menace d’un rôdeur augmente la tension. Mais le vrai danger ne se trouverait-il pas… à l’intérieur de l’hôtel?

Maniant le suspense d’une main de maître, Eva Björg Aegisdottir nous immerge dans un huis-clos puissant, un décor isolé où rien n’est comme il semble l’être. Le passé douloureux des Snaeberg remonte peu à peu au jour, jusqu’à ce que la vérité, effarante, soit révélée. »

Coup de Cœur :

J’ai enfin découvert la plume de Eva Björg Aegisdóttir, une autrice islandaise qui s’installe dans le paysage du polar avec force en seulement quatre romans !

La famille Snaeberg est connue dans tout le pays, pour sa fortune, sa puissance économique, ses frasques et l’omniprésence de certains sur les réseaux sociaux. Ils sont traqués, observés, adulés et/ou détestés, comme toutes ces personnes qui semblent posséder tout sans devoir faire le moindre sacrifice. Mais qui sont-ils vraiment ?
Ils passent un week-end de novembre tous ensemble dans un luxueux, et retiré, hôtel, au milieu des coulées de lave de la péninsule Snaefellsnes à l’occasion de de ce qui aurait dû être le centième anniversaire du patriarche. Derrière les apparence, on découvre rapidement une famille dysfonctionnelle, qui abuse de l’alcool, ne communique pas, et s’intéresse très peu aux autres. De vilains secrets empoisonnent aussi certains membres et les empêchent de s’épanouir. Isolés, avec des conditions climatiques de plus en plus compliquées (la tempête commence à faire rage), l’alcool remplaçant le sang dans les veines de la majorité d’entre eux, les tensions s’exacerbent et le danger s’invite…

Dés les premières pages, on sait qu’un drame est venu ternir ces quelques jours en famille, qu’un des membres du clan n’est plus… Que s’est-il passé ? Un accident? Un meurtre?

Un huis-clos fascinant, glaçant, perturbant et diablement efficace. Un roman choral qui permet d’en apprendre plus sur les membres de cette famille riche et peu unie, notamment sur Petra, sa fille Lea, et Tryggvi considéré comme une pièce rapportée. L’autrice offre aussi le point de vue de Irma, une des employées de l’hôtel fascinée le clan, et celui de Saevar, un inspecteur au commissariat d’Akranes chargé de faire la lumière sur cette étrange affaire.

Eva Björg Aegisdóttir a su créer un suspense psychologique jusqu’aux toutes dernières pages, elle fait monter la tension progressivement et elle rend l’ambiance de plus en plus désagréable, et certains protagonistes de moins en moins attachants au fur et à mesure qu’on apprend à les connaître…
Des vérités vont venir bousculer la conscience de certains et fragiliser un peu plus des relations déjà bancales.

Un roman actuel, addictif, très bien ficelé et parfois vraiment malaisant !

Citations :

* C’est étrange comme ces années de jeunesse, si courtes soient-elles, forgent une part fondamentale de ce que nous sommes.

* Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des enfants, surtout des enfants bonus. J’ai toujours détesté le mot « beau-père ». Il paraît qu’en Scandinavie, on emploie l’expression « papa bonus», que je trouve beaucoup plus amusante.

* Cette famille possède son lot de sales caractères qui s’emportent pour un oui ou pour un non. (…) Pour bien les comprendre, il faut s’imaginer un troupeau d’hippopotames se baignant dans une mare trop étroite; ils ne cessent de se rentrer dedans.

* Toutes les familles abritent des moutons noirs, y compris celles qui semblent parfaites.

* Porter un secret n’est pas de tout repos. Depuis des années, ce fardeau m’empoisonne, affectant ma relation avec ma famille et mes amis . Je ne peux jamais être moi-même, parce que j’estime ne pas mériter le bonheur après ce que j’ai fait.

Intensité du coup de coeur