Dix-sept ans - Couverture

Dix-sept ans, Colombe Schneck

Dix-sept ans - CouvertureRésumé :

 » On m’a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C’est faux. Je suis une fille, pas un garçon. J’ai 17 ans, mon corps me trahit, je vais avorter.
J’y pense toujours, je n’en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence ? »

« Un récit pudique et poignant dans lequel l’auteur revient sur cet événement, jamais banal, jamais confortable, qui a marqué son adolescence et fait d’elle la personne qu’elle est. »

Coup de Coeur :

Un roman que j’avais repéré à sa parution chez Grasset l’année passée. Quand il est arrivé en format de poche, le jour même, je l’achetais, je le commençais sur mon temps de table et à peine rentrée chez moi que je le terminais !
Quel texte ! Quelle force ! Quelle intensité !

Le récit est court (moins de 100 pages), inspiré de son adolescence, et c’est très poignant ! L’auteur aborde un sujet délicat et polémique avec du recul, beaucoup d’intelligence, de la pudeur ! Ou comment un avortement poursuivra une femme toute sa vie ! C’est un avis féminin (rare), et réfléchi. Elle nous explique pourquoi une IVG reste un tabou, la culpabilité qui en découle, les nons-dits et les peurs que ça engendre.

Colombe Schneck écrit avec finesse, et nous rappelle le combat qu’on du mener Annie Ernaux et Simone Veil quelques années avant elle. Elle leur rend un bel hommage, nous dit son admiration pour ces femmes courageuses. Je compte désormais lire le roman d’Annie Ernaux sur le même sujet, L’Evénement, car son expérience fut très différente. En 1964, l’avortement était encore illégal, alors qu’en 1984, à l’époque de notre héroïne, il est désormais accepté par la loi. Grâce à l’acharnement de Simone Veil, les femmes peuvent désormais disposer de leur corps !

C’est un roman courageux, le premier titre que je lis de l’auteur, et ça ne sera sûrement pas le dernier !

Citations :

– « L’an dernier, dans un entretien accordé au quotidien l’Humanité, Annie Ernaux rappelait qu’ « une immense solitude entoure les femmes qui avortent ».
Cette solitude, elle l’a vécue en 1964. Elle avait vingt-trois ans. A l’époque, avorter était un crime puni par la loi. »

– « Ce n’est pas mon genre d’être enceinte, de ne pas être libre, de ne pas choisir. »

– « J’étais si insouciante. J’avais un corps de femme, c’était nouveau, je ne savais pas encore que ce corps limite gestes, mouvements, libertés, impose des règles. Il ne vous appartient pas entièrement, peut devenir celui d’un autre. Je me suis sentie trahie par lui. Il m’a dépossédée de ma liberté.

– « Je n’ai rien senti. Et je ne sens toujours rien. Un peu de fatigue, un pincement dans le ventre. Rien de grave. »

– « Sur le moment, je n’ai rien dit, et plus tard non plus, je n’en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de partager « l’avortement » avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence? Pourquoi les femmes elles-mêmes se taisent-elles?
J’ai honte »

– « Je peux l’écrire, désormas, ton absence m’accompagne depuis trente ans.
Ton absence m’a permis d’être la femme libre que je suis aujourd’hui. »

Intensité du coup de coeur

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