A l'ombre de Winnicott - CouvertureRésumé :

«  » Il y a beaucoup de monde !  » remarqua la visiteuse à peine entrée.
Lucille compta.
 » Nous sommes huit. Neuf avec vous.
– Je ne parlais pas des vivants. « 

Sussex, Angleterre, 1934. Alors qu’ils viennent d’emménager dans le manoir de Winnicott Hall, Archibald et Lucille Montgomery confient à Viviane Lombard, une Française à l’attitude et au franc-parler peu ordinaires, l’éducation de George, leur jeune fils aveugle. Tandis que la préceptrice et l’enfant apprennent à s’apprivoiser, un doute s’instille peu à peu chez eux comme chez tous les habitants de la vaste demeure, maîtres des lieux et personnel confondus : une présence invisible ne rôderait-elle pas entre les murs de la vieille bâtisse ? »

Coup de Cœur :

Un excellent hommage aux romans gothiques britanniques !!! J’ai littéralement dévoré ce roman, je me suis régalée de la première à la dernière page !

1934, Sussex.
Archibald et Lucille ont hérité du domaine et du manoir de Winnicott, un lieu qui a été peu entretenu par son dernier propriétaire. Ils engagent une préceptrice français, Viviane Lombard pour s’occuper de leur fils unique, George, 10 ans. Le jeune garçon est aveugle et surprotégé par ses parents. Ils vivent avec très peu de personnel malgré la taille des lieux, en effet, ces derniers traînent un réputation sulfureuse : ils seraient hantés ! Il y a Mr Talbott, le majordome d’une fidélité inébranlable envers la famille, Mrs Dodds, une solide cuisinière à l’ouïe défaillante, Ruby et Pearl, deux sœurs bavardes et dévouée. Ainsi qu’un jardinier, Mr Bertram et son assistant, Reggie.
Viviane et George s’apprivoisent et des liens solides vont se nouer entre eux, elle ne le considère pas comme un infirme et ils ont beaucoup d’empathie l’un envers l’autre. Une relation précieuse pour tous les deux qui leur permettent de grandir et d’envisager l’avenir avec un œil neuf. Chacun vaque à ses occupations : Archie est archéologue et prépare une mission en Irak, Lucille s’est lancée dans la restauration et l’aménagement du manoir. Petit à petit, des événements inexpliqués et inexplicables instillent le doute chez les habitants, maîtres et personnels confondus. Ils se mettent à soupçonner la présence d’esprits dans la vieille demeure et ils se manifestent avec des bruits, en bougeant des objets, en frôlant les occupants… La peur s’installe face à ces manifestations inquiétantes et devant lesquelles personne ne sait comment réagir.

Un roman hyper addictif, à la narration visuelle, immersive et cinématographique ! Un récit follement romanesque, avec une pointe d’éléments fantastiques fascinants qui mêle habillement les fantômes, les craintes, les doutes, les souvenirs, l’imagination et les superstitions ! Les auteurs jouent habillement avec leurs personnages et leur lecteur afin de les emmener dans une histoire pleine de rebondissements jusqu’à la dernière page ! Il y a du suspense, de la tendresse, des émotions, des secrets, du mystère. Les personnages sont attachants avec une nette préférence pour George et Viviane qui noue une très belle et touchante relation de professeure à élève.
Le suspense distille le doute chez tous les habitants de Winnicott et chez le lecteur : qu’est-ce qui hante les lieux?
La plume est savoureuse, fluide, immersive et les personnages sont parfaitement campés.

Un jeune garçon aveugle, une préceptrice française au caractère bien trempé, un manoir avec des locataires spectraux dans une campagne anglaise des années 1930, tous les éléments sont là pour un récit fascinant avec une atmosphère oppressante et surnaturelle.

Foncez découvrir ce troisième roman du talentueux duo : Manchette et Niemec !

Si vous doutez d’apprécier, les deux précédents livres des auteurs sont disponibles en poche 😉 Et ils sont tous très différents et tout aussi savoureux !

* Alabama 1963

* America {s}

Citations :

* Voyez-vous, expliqua Viviane, il faut toujours placer la barre un peu au-dessus de ses capacités. Dans le sport comme dans l’enseignement, comme dans la vie. Sans quoi, on ne saurait progresser.

*  » Suis-je vraiment obligé d’aller à l’église le jour de mon anniversaire ?
– Enfin, George, vous plaisantez ? s’offusqua Lucille. Justement ! C’est ce jour-là que Dieu a choisi de vous envoyer à nous. Cela mérite bien, a minima, une visite de courtoisie. »

* Je ne sais pas si je préfère dispenser des cours à un aveugle. Mais vous savez jeune homme, vous n’êtes pas si différent des autres enfants. A ceci près qu’au moins vous ne risquez pas de regarder les mouches voler !

* Pourquoi faut-il toujours que j’attende ?
C’est toujours « plus tard » avec les adultes.
C’est si long à venir, « plus tard » !

Intensité du coup de coeur