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CHARLESTON

Le Prince à la petite tasse, Emilie de Turckheim

Le Prince à la petite tasse - CouvertureRésumé :

« Un jour, j’ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu’un pourrait habiter chez nous, peut-être ? » Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit. » Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu’il arrive. » Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu’on adore jouer aux cartes, nous ! »

Pendant neuf mois, Émilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien Reza, un jeune Afghan qui a fui son pays en guerre à l’âge de douze ans. Ce journal lumineux retrace la formidable aventure de ces mois passés à se découvrir et à retrouver ce qu’on avait égaré en chemin : l’espoir et la fraternité. »

Coup de Cœur :

Ma première lecture de la Rentrée Littéraire est une auto-fiction : le récit-témoignage de l’autrice qui a hébergé un jeune réfugié afghan pendant quelques mois. J’avais lu un autre titre de l’autrice, Le Joli Mois de mai, il y a quelques années, et j’étais heureuse de retrouver sa plume dans un autre style.

Emilie et son mari vivent à Paris avec leurs deux petits garçons. Ils sont émus par le sort de ces nombreux migrants qui arrivent à Paris, sans même un toit au dessus de leur tête. Après réflexions et discussions en famille, ils décident de libérer une chambre et d’en accueillir un. C’est ainsi qu’ils vont rencontrer Reza, il a à peine 21 ans et ça fait presque dix ans qu’il est sur les routes de l’exil, un long périple, parfois douloureux depuis l’Afghanistan qui l’a amené dans la famille d’Emilie.

La narratrice va raconter avec beaucoup de sensibilité, sans pathos, les difficultés qu’ils vont rencontrer comme les bons moments ! Même si ils sont ouverts d’esprit, nous avons tous des préjugés et ceux-ci peuvent avoir la vie dure ! C’est tous ensemble qu’ils vont apprendre la vie en communauté, à se connaître, à avoir un nouveau regard sur la condition des migrants et à s’habituer à la vie en France.
Il y a des passages émouvants, d’autres amusants, certains révoltants…
Reza est un jeune homme marqué par les événements, toujours sur le qui-vive, avec une peur panique de l’uniforme et une volonté de propreté incroyable : la vie dans la rue a du être un vrai calvaire. Il est aussi bien trop généreux : il dépense son argent pour les autres réfugiés, il s’oublie au profit de la bienveillance pour les autres.

Une histoire de vie, de partage, de cette partie de l’Europe qui surmonte ces craintes pour accueillir ces personnes qui fuient leur pays, leurs racines, et les persécutions dans leur pays d’origine…

Un roman qui fait réfléchir, qui ouvre l’esprit. Il est authentique, sobre, sans fioriture, lumineux et plein de pudeur !
Une très jolie découverte !

Citations :

– J’ai toujours peur que ce temps partagé soit un nid fragile, posé sur la route d’un exil qui ne finira jamais. Un nid que la vie, injuste et violente, aura vite fait d’écraser.

– Que se passe-t-il, au fond de soi, quand on a perdu sa langue et sa famille et qu’on cherche éperdument un lieu, même étroit, même sourd, où replanter sa vie ?

– «  Accueillir quelqu’un est un voyage joyeux. Être accueilli est un voyage sans repos. »

Intensité du coup de coeur
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